Bons souvenirs, c'est en dépit de ceux-là que je ne vois plus comment tenir debout. Il faut trouver une façon de s'exprimer, pour dire ses doutes et courir de plus en plus vite. Cette absence je la déplore, je la subis. Ce que j'ai sur le coeur aujourd'hui et pour toujours, c'est ce vide glacial que tu as créé au plus profond de mes entrailles. Je ne peux pas poser de mots sur l'absence. Je ne te voyais pas si tôt loin de moi, il me semblait toujours pouvoir te parler et te dire combien je t'aimais. Je déplore absolument tout, je me confie aux pages de nos albums et je crois savoir que ces photos me troubleront toujours. Le tragique a retrouvé sa raison d'être lorsque l'on nous a séparés. Il fallait bien que tu le saches. Il fallait que tu me regardes avancer et que tu contres mes faux pas tremblants. Il fallait que tu restes derrière moi, que tu anticipes mes chutes, comme les vieilles personnes savent le faire. J'ai tant de choses à changer encore, tant de sentiments à cultiver, tant de mots à dire avec le coeur. Cette vague immense m'a submergée et a changé tout ce que je croyais être. Je garde en mémoire qui tu étais, qui nous étions, et ce qui pouvait nous unir.
Etais-je aveugle et sourde ou bien fallait-il nécessairement la lumière d'un malheur pour m'éclairer sur ma vraie nature ?
Marquant du point les opinions de mon coeur, j'affirme mes pensées et estompe mes souffrances. Faut-il grandir pour oser enfin mettre en avant sa tristesse et se débarrasser des aigreurs de l'existence ? A en croire l'éternité, oui. C'est la sagesse qui nous reconstruit et les années qui nous rendent
plus fort.
Ma mémoire est incertaine, mais mon coeur, lui, n'oublie pas